Je ne peux m’empêcher de finir cette année sans partager mon enthousiasme face aux opportunités que présente la crise aux marketers. Au risque de déplaire aux cassandres et sans oublier les individus malheureusement touchés personnellement par ce marasme, voilà quelques réjouissances que je propose de déguster en apéritif avant votre trêve des confiseurs. J’en ai choisi sept, parce ce que c’est le chiffre de la raison.
1. Le marketing ne peut plus tergiverser. Il doit se transformer avec un objectif absolu de performance et de mesures corrélées au business. L’urgence est là et c’est tant mieux car les choses vont enfin bouger.
2. Les entreprises suffisamment courageuses pour rester dans la course tandis que leurs concurrents désinvestissent peuvent radicalement changer leur position sur le marché. Plus que jamais, il est du ressort du marketing d’identifier les “upsides” et d’innover. C’est une vraie chance à saisir.
3. Les bases de clientèle regorgent probablement de pépites insoupçonnées qu’il va être bien sympathique d’aller récolter. D’après une étude d’Accenture, 20% des clients génèrent 80% de la marge, 85% de la marge provient seulement de 4 produits et plus de 50% des clients n’utilisent qu’un ou deux produits. Ceux qui profitent de cette période pour rencontrer chacun de leurs clients seront gagnants et la notion de “customer centricity” va enfin pouvoir passer du vœu pieux à la réalité.
4. L’influence du marketing ne va plus se mesurer à la taille du budget. Youpi ! On pourrait même décerner l’Award du marketing 2008 à celui qui a coupé le plus de budget tout en maintenant ses positions sur le marché, voire en les augmentant. Le temps est venu de récompenser les idées smart et non les campagnes massives.
5. Vous avez définitivement une bonne raison professionnelle d’aller sur les réseaux sociaux et de naviguer sur le net : parce qu’ils génèrent des retours sur investissement démontrables, les média interactifs deviennent incontournables dans votre mix communication. Et comme vous ne pouvez pas les appliquer sans bien les connaître, n’hésitez pas à vous amuser…
6. Les agences de communication semblent se réveiller et se décider à entreprendre une vraie démarche marketing pour elles-mêmes. Trop souvent reléguées au rang de fournisseur, les voilà forcées à revisiter leur modèle économique et à adopter les mêmes principes que leurs clients : réfléchir à leur proposition de valeurs, ajuster leurs offres, évaluer leur contribution. Un joli nouveau terrain d’entente avec leurs “annonceurs” comme elles disent.
7. le management de la performance marketing est l’objectif numéro 1, et du coup, ma petite entreprise est florissante. J’étais loin d’anticiper cette crise en créant SO’xperts, mais depuis trois mois, le téléphone n’arrête pas de sonner :
– qui cherche à mettre en place de bons indicateurs de performance marketing
– qui doit réallouer ses ressources en fonction de leur impact
– qui restructure et a besoin de leadership pour accompagner la transition
– qui cherche à développer son business à l’international
– qui veut optimiser son lancement de produit
– qui veut mieux aligner sa chaine de valeur marketing et ventes… la crise fournit ce fameux “compelling event” comme l’appellent les américains qui forcent les décideurs à investir pour mieux économiser.
Alors merci messieurs les traders, les banquiers et autres spéculateurs de la planète d’avoir provoqué ce cataclysme et ainsi créé de si belles opportunités pour nous, marketers du 21ème siècle, persuadés que la science est la meilleure alliée de l’intuition.


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